Lorsqu’on parle de poids, on pense presque automatiquement à l’alimentation, au sport, à la discipline ou au manque de volonté. Pourtant, le corps ne fonctionne jamais de manière isolée. Il est intimement lié à ce que nous vivons, à ce que nous ressentons, à ce que nous retenons… et parfois à ce que nous n’osons pas dire.
On entend souvent l’expression « le mal-a-dit », pour parler de la maladie ou des troubles du corps. Sans entrer ici dans une analyse détaillée, il est important de comprendre une chose essentielle : le corps exprime ce que l’esprit et l’émotionnel n’ont pas pu ou pas su libérer. Ce que vous pensez, ce que vous ressentez, ce que vous portez en silence finit par s’imprimer dans la matière. J’aurai l’occasion de consacrer un article entier à ce sujet, tant il est vaste, mais il est impossible de parler du poids sans évoquer cette dimension.
Cet article n’a pas vocation à proposer une solution miracle. Il ne s’agit pas non plus de nier l’importance de l’alimentation ou de l’hygiène de vie, qui restent des piliers essentiels pour atteindre et maintenir son poids de forme. Le propos ici est différent. Il s’adresse à celles et ceux qui, malgré tous les efforts possibles et imaginables, malgré une alimentation équilibrée, du sport, de la volonté et de la persévérance, n’arrivent pas à perdre du poids… ou voient leur corps résister.
Quand le corps se protège avant de s’alléger
Le corps est un allié. Même lorsqu’il semble « bloquer », il ne fait jamais cela contre vous. Il cherche avant tout à protéger, à sécuriser, à éviter une souffrance plus grande. Certaines blessures émotionnelles, vécues souvent très tôt, façonnent progressivement notre posture, notre rapport au monde, mais aussi notre morphologie.
La blessure de l’abandon en est un exemple marquant. Lorsqu’une personne porte cette blessure de manière dominante, le corps peut inconsciemment chercher à créer un bouclier. Comme si prendre de la place devenait une manière d’éviter d’être quitté à nouveau. Chez les femmes, cela se manifeste fréquemment par un bassin plus élargi ou un bas-ventre gonflé. Chez les hommes, on observe parfois des épaules très développées, comme une armure. Le corps utilise ses propres ressources pour ne plus revivre la douleur de l’abandon.
La blessure de la trahison agit, elle aussi, comme un mécanisme de protection. Après avoir été trahi, déçu ou trahi dans la confiance, le corps apprend à se méfier. Il garde, il retient, il stocke. Les graisses deviennent alors une barrière inconsciente contre une nouvelle blessure, une manière de se sentir plus fort, plus solide face au monde extérieur.
La blessure de l’humiliation est souvent associée à une relation difficile au poids. Dans ce schéma, l’humiliation n’est pas seulement vécue de l’extérieur, elle est souvent intériorisée. Le discours intérieur devient dur, dévalorisant, parfois même violent envers soi-même. La personne donne trop, accepte trop, s’oublie constamment, parfois sans même s’en rendre compte. Le corps porte alors ce fardeau, et le poids devient une extension de cette auto-dévalorisation silencieuse.
Il ne s’agit pas ici de détailler tous les comportements liés à ces blessures. L’essentiel est de comprendre qu’elles façonnent notre manière d’être, notre posture corporelle, nos croyances et nos mécanismes d’auto-sabotage. Des phrases comme « je n’y arrive pas », « je ne suis pas capable », « il faut arrêter de manger pour maigrir », « un gâteau va me faire grossir » ou « je n’arriverai jamais à perdre du poids » s’ancrent profondément et renforcent ce blocage.
Le poids et les croyances limitantes
Au-delà des blessures, les croyances jouent un rôle majeur. Elles conditionnent la relation que vous entretenez avec votre corps et avec la nourriture. Lorsqu’une croyance s’installe, le corps finit par lui obéir. Non pas par faiblesse, mais par cohérence interne.
Dire et redire que l’on n’y arrivera jamais, que le corps est « contre soi », que perdre du poids est forcément une lutte, alimente un cercle vicieux. Le corps entend, enregistre, et agit en conséquence. Là encore, il ne s’agit pas de fournir ici des techniques ou des solutions rapides. Ce travail fait partie d’un accompagnement plus global et personnalisé.
Une expérience personnelle de libération
Il y a quelques années, sans que j’en comprenne encore tous les mécanismes à l’époque, j’ai vécu une expérience marquante. J’ai perdu une dizaine de kilos en très peu de temps. Presque « en une nuit », comme on dit, même si cela reste bien sûr une image.
Cette perte de poids n’était pas liée à un changement alimentaire, car je mangeais déjà sainement. Elle n’était pas non plus le résultat d’un excès de sport, malgré des heures passées en salle sans résultats auparavant. Ce qui avait changé, c’était autre chose. J’avais quitté ce qui me pesait. Une vie, un environnement, un contexte professionnel qui m’écrasaient intérieurement.
Mon entourage l’a remarqué immédiatement. La question revenait souvent : comment avais-je perdu autant, aussi vite ? La vérité, c’est que mon corps s’est allégé au moment précis où j’ai osé me libérer de ce qui me pesait émotionnellement. Il n’avait plus besoin de porter ce poids là.
Quand le poids n’est pas qu’une question d’alimentation
L’alimentation joue un rôle important, c’est indéniable. Mais elle n’explique pas tout. Une grande partie du poids est liée à l’émotionnel, aux non-dits, aux charges mentales, à ce qui « pèse » au quotidien ou à ce qui « gonfle ».
Le corps peut inconsciemment se protéger du monde extérieur en créant une enveloppe, une armure. Ce n’est ni une punition ni un échec. C’est une stratégie de survie. Tant que ce message n’est pas entendu, le corps résiste.
Comprendre cela, ce n’est pas abandonner l’idée de prendre soin de soi. C’est au contraire commencer à écouter son corps autrement. Avec plus de respect, de douceur et de conscience.
L’importance de l’équilibre entre le corps, l’alimentation et l’écoute de soi
Il est essentiel de le rappeler : l’alimentation et la pratique d’une activité physique restent indispensables au bien-être du corps. Nourrir son corps avec des aliments de qualité, bouger régulièrement, entretenir sa vitalité sont des bases fondamentales pour se sentir bien et en santé.
Cependant, même avec une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, le corps peut continuer à résister. Non pas par manque d’efforts, mais parce qu’il exprime autre chose. Lorsqu’une situation devient trop lourde, trop toxique ou trop nocive sur le long terme, le corps finit par parler à la place de l’esprit. Très souvent, ces ressentis sont refoulés inconsciemment. On tient, on s’adapte, on continue… jusqu’à ce que le corps n’ait plus d’autre choix que de s’exprimer.
Le poids peut alors devenir un signal, une alerte, une manière de dire que quelque chose ne va plus. Il ne s’agit pas d’opposer l’alimentation à l’émotionnel, mais de comprendre qu’ils fonctionnent ensemble. Prendre soin de son corps passe autant par ce que l’on mange et par le mouvement, que par l’écoute de ses limites, de ses besoins et de ce qui pèse intérieurement.
Être à l’écoute de son corps au quotidien est essentiel, car il est votre unique véhicule de vie. Il vous accompagne dans chaque expérience, chaque émotion, chaque étape. Plus vous apprenez à l’écouter avec bienveillance, moins il a besoin de crier pour se faire entendre.